Instant Histoire 1 : Les Origines de l’Abbaye Saint-André

Au cours des Ve et VIe siècles, en Provence, les ermites se réfugient dans des hauteurs isolées pour se consacrer à la méditation et à la prière. Parmi ces ermites, une femme, Casarie, se retire dans une grotte du mont Andaon où, selon l’inscription conservée à la Collégiale de Villeneuve, elle meurt le 8 décembre 586. Cette épitaphe révèle que Casarie a été inhumée par les soins de Valens au titre « d’époux et de prélat », ce qui signifie sans doute qu’elle fut l’épouse de l’un des premiers évêques d’Avignon. Sa sépulture devint l’objet d’une vénération à l’origine de l’importante nécropole au flanc de la colline. La légende lui prête une ascendance royale, elle serait la fille d’un souverain Wisigoth d’Aragon en Espagne.

Après sa mort, un culte va naître autour de Casarie et ce site va devenir un lieu de pèlerinage. En effet, pour accueillir les pèlerins, une première chapelle sera érigée au Xe siècle (Saint-Nicolas) sur le lieu de sa sépulture dont il reste aujourd’hui que l’un des murs pignon par lequel les pèlerins pouvaient, à travers un oculus, voir la grotte où elle vécut et fut enterrée.

C’est à partir du XIe siècle que Casarie sera élevée au rang de sainte. Ses reliques furent placées en 1118 sous le maître-autel de l’église de l’abbaye Saint-André. Son crâne fût conservé dans un reliquaire d’argent en 1341.
Au début du XIXe siècle, la population avait renoué avec la tradition et vénérait le chef de Casarie le lundi de Pentecôte. Chaque année, une messe est célébrée dans l’oliveraie au plus près de la grotte de la sainte ce jour là.

Procession de 2009
Messe de Sainte Casarie Pentecôte
Chapelle Sainte Casarie
Épitaphe reconstitué
Buste reliquaire de Sainte Casarie

Instant Histoire 2 : Les Moines bénédictins à Saint-André

L’ordre des Bénédictins, est une fédération de monastères ayant, au cours de leur histoire, adopté la règle de saint Benoît. Le premier monastère est établi vers 529, les monastères bénédictins se répandent alors dans toute l’Europe et donnent naissance à plusieurs congrégations devenues célèbres. L’ordre bénédictin atteint son apogée vers la fin du XIIe siècle, possédant alors en France environ 2 000 abbayes et 20 000 prieurés, et en Europe 100 000 monastères.

Au Xe siècle la région d’Avignon connaît une paix relative après les invasions ; la communauté, qui suit la règle de saint Benoît, apparaît régulièrement constituée. En l’an 982, les Bénédictins fondent une abbaye sur le mont Andaon. Elle fût approuvée peu de temps après par l’évêque d’Avignon Garnier et en 999 par le pape Grégoire V. Garnier, donna biens et menses à l’abbaye par un acte daté du 6 mai 982 dont les églises de Saint-André et de Saint-Paul. Les souverains pontifes prirent rapidement l’abbaye sous leur autorité et, en 999, Grégoire V avalisa la liste de ses prieurés languedociens.

La puissance de l’abbaye s’accroît rapidement. A la basilique primitive dont subsiste le mur Est appuyé contre le rocher de la « grotte de Casarie », succèdent deux églises érigées de part et d’autre de l’ancien cimetière et reliées entre elles au niveau du chœur. La plus ancienne, consacrée en 1024, dédiée à saint Martin confesseur, communiquait avec le cloître. L’église, située plus au Nord, fut consacrée en 1118 par le pape Gélase II et dédiée à saint André apôtre, dont le monastère prit le nom.

Vue extérieure des arcades
Vue du cloître
Porte d'entrée romane
Pilastre d’écoinçon
Mur ouest du bâtiment oriental
Galerie sud du cloître
Vue Nord de l'église Saint-André
Vue Est de l'église Saint-André
Chapiteaux gothiques

Instant Histoire 3 : L’Abbaye Royale

Dans l’histoire de l’Abbaye Royale de Saint-André, le XIVe siècle correspond à sa plus grande prospérité. Ses possessions constituent, en effet, un domaine temporel considérable donnant l’image d’une Abbaye en plein développement spirituel et matériel avec près de quatre-vingt moines. L’abbaye, bien administrée, jouit d’un domaine temporel considérable sur la rive droite du Rhône. Auquel s’ajoute les revenus de près de 200 prieurés dans toute la région Languedoc – Provence.

Cela s’explique lorsqu’en 1226 le Roi de France Louis VIII, venu prendre possession de ses nouveaux domaines méridionaux, se heurte à la rébellion d’Avignon, qu’il assiège. Le roi est l’hôte de l’abbé Bertrand de Clausonne à l’Abbaye Saint-André pendant la durée du siège. Un acte de paréage est conclu en septembre 1226 entre Louis VIII et Bertrand de Clausonne, acte renouvelé en 1292 par Philippe le Bel.

Le Roi de France et l’abbé de Saint-André deviennent co-seigneurs de Villeneuve et le resteront jusqu’à la Révolution. Le roi de France peut édifier sur le Mont Andaon une forteresse abritant garnison qui, après le Traité de Paris en 1229 faisant du Languedoc une terre royale, devient une marche avancée de la monarchie capétienne, face à Avignon où la papauté s’établit en 1309. La construction du Fort Saint-André, décidée en 1292, sera achevée vers 1372.

Au roi Jean le Bon, qui séjourne plusieurs fois à l’Abbaye Saint-André et renouvelle en 1362 l’acte de paréage avec celle-ci, on doit sans doute le porche gothique entre les Tours jumelles du Fort qui constitue l’un des plus remarquables ensembles de fortifications du XIVe siècle conservés en France.