Les jardins de Saint-André

Flâner dans les allées, d’un jardin à l’autre

Sur les 2 hectares de jardins, il est rare de découvrir autant d’espèces remarquables (111 recensées) et de vestiges historiques. Une succession d’ambiances à parcourir : toscane, provençale, romantique, minérale… le long d’une promenade où il fait bon se ressourcer.

Le jardin à l’italienne

 

Le jardin à l’italienne retrace clairement les embellissements faits au XVIIe et XVIIIe siècles avec ses deux très beaux bassins à haute margelle, tables rondes en pierre avec leurs bancs circulaires et sculptures, entourés de parterres de rosiers anciens, santolines, lauriers, glycines… à l’ombre des arbres de Judée. Elsa Koeberlé et Génia Lioubow, propriétaires de l’Abbaye entre 1916 et 1950 ont recréé cette partie basse du jardin, selon les plans anciens et des modèles italiens. Se retrouve le plan classique du jardin, rythmé d’arbres en pots et de statues dans le style d’une villa toscane du XVIe siècle. Longeant le pied de la terrasse, une pergola aux colonnes de pierre se couvre au printemps de glycines et de roses. Des cyprès encerclant ce parterre mènent aux puissantes voûtes piranésiennes soutenant les bâtiments rasés de l’abbaye du XVIIIe. Sous les voûtes, une vue unique sur le Palais de Papes d’Avignon et les Alpilles rappelle l’importance stratégique de ce haut lieu depuis le Xe siècle.

Le jardin méditerranéen

 

Couvrant la plus grande partie des jardins, le jardin méditerranéen en terrasse offre une vue exceptionnelle sur les Dentelles de Montmirail, le Mont Ventoux, les Alpilles et le Palais des Papes. Il s’étend jusqu’au sommet du mont Andaon où se trouve la chapelle de Sainte-Casarie, ermite vénérée du VIe siècle qui marque l’origine de la vie spirituelle sur la colline. La chapelle, du XIe rehaussée d’une tour d’observation au XIXe, a retrouvé sa silhouette d’origine. Planté d’oliviers centenaires et d’espèces méditerranéennes alliant harmonieusement le végétal au minéral, sans plans précis, ce jardin laisse les plantes s’épanouir librement redonnant vie aux vestiges de l’un des grands monastères du sud de la France. L’église Saint-André, dont les assises ont été mises à jour par Roseline Bacou, répond au plan de l’église Saint-Martin. L’ancienne nécropole dispersée est rassemblée aujourd’hui entre les deux églises où l’on peut admirer de nombreux tombeaux du VIIe au Xe siècle : certains sarcophages imposants par leur taille sont de style paléochrétien.

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L’histoire de la naissance des jardins

Dépourvu de sources, exposé au mistral et à la chaleur estivale, le monastère primitif ne cultivait dans le cloître du XIIe siècle que des plantes médicinales (citerne conservée). Très vite, pour subvenir aux besoins d’une communauté nombreuse, les moines établissent un jardin potager et fruitier, avec maison de jardinier, clos de murs, sur le bord du Rhône, appelé « Jardin de l’Abbaye ». A la fin du XVIIe, les Mauristes aménagent un véritable jardin sur la colline du mont Andaon. Un puits est creusé dans le roc jusqu’au Rhône alimentant oliviers, fruitiers, puis les parterres.

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Un jardin d'exception

Les jardins de Saint-André sont classés aux Monuments historiques depuis 1947 grâce au remarquable travail de restauration d’Elsa Koeberlé et Génia Lioubow, entre 1916 et 1950. Depuis mars 2014, ils ont reçu le label “Jardin Remarquable récompensant la mise en valeur exceptionnelle réalisée par Roseline Bacou de 1950 à 2012 qui a notamment entièrement créé le jardin méditerranéen, mis à jour de nombreux vestiges et ouvert au public l’abbaye et ses jardins en 1990. Sa famille continue aujourd’hui à poursuivre les nombreux projets d’embellissements et l’ouverture des lieux à travers l’art contemporain, la musique, le théâtre...

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