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Nous sommes heureux de vous présenter l’exposition de Sybille Friedel qui s’intitule « Morphologie ». Nous avons invité cette artiste de la région à s’approprier les lieux. Résultat : une narration des jardins à travers le prisme noir et blanc et multi-support de cette virtuose du trait qui aime faire des ponts entre tous les arts.

Une articulation en deux espaces : les galeries intérieures accueillent ses encres de Chine sur papier de riz et une installation sonore a pris place dans les jardins, la « Forêt des sons ». Sybille Friedel invite le public à suivre son cheminement de création par le biais de la philosophie de la calligraphie et ses deux mois passés dans les jardins. Elle s’affranchit du lieu comme espace pour n’en garder que son esprit, selon une « morphologie abstraite » dans ses grands formats. Ses noirs et blancs, presque sages, deviennent tout à coup exubérants offrant des reliefs et replis inédits, des lumières et des ombres qui nous immergent dans les aspérités de la Nature mais sans nous engloutir, nous montrant l’indicible. Alors que, tel un sismographe qui déchiffre les ondes, la Forêt des sons capte et retransmet les vibrations singulières du lieu et de ses visiteurs.

Ci-dessous, une « visite virtuelle » de l’exposition:

 

Vers une morphologie abstraite

IMG_9283L’artiste convoque le palpable, les silhouettes du paysage, ici des oliviers centenaires noueux, torturés ou articulés comme des êtres animés qui s’enracinent, là les ombres dansantes des cyprès et des derniers visiteurs. On y entend le silence et la plénitude des lieux, la puissance de la vie végétale.
Pendant deux mois, Sybille Friedel a dessiné dans les jardins, de longues heures, scruté les paysages de loin, de près. Elle a entendu les bruits, le silence. Le vent, les oiseaux, les visiteurs. Elle a ressenti l’Esprit du lieu, se concentrant sur le jardin méditerranéen, le plus sauvage de l’abbaye Saint-André.
Il est rare de pouvoir suivre les étapes de la construction d’une oeuvre, ici, Sybille Friedel partage avec nous son cheminement depuis ses somptueux croquis sur le motif à l’encre de Chine jusqu’à la création de ses grandes peintures. Elle nous montre ses silhouettes en mouvement, répétition du vivant, nous parle de ses heures à travailler la calligraphie chinoise pour enfin trouver le fil conducteur de la création : un tout harmonieux, guidé par la même force, créant une morphologie abstraite, puisée dans les jardins de l’abbaye. « Travailler sans cesse le regard toujours plus acéré, regard intérieur, être présente, comme un sismographe qui analyse l’état du monde », nous précise cette sculptrice de la lumière.

Une forêt de vibrations

L’artiste a eu envie d’investir le nouvel espace des jardins de l’abbaye qui va s’ouvrir cette saison : le sentier botanique. Installée dans l’espace le plus intime et le plus reculé des jardins, La Forêt des Sons se mérite et ne se livre qu’aux visiteurs les plus audacieux.
De longs roseaux de fer (massette) s’hérissent sur le panorama des grandes terrasses. Repères aussi bien visuels que sonores lorsque le mistral fait chanter ces brins de métal qui annoncent le nouveau sentier. « Mon travail de sculpture a été inspiré par les vibrations sonores entendues, perçues dans le parc ». « J’ai eu envie d’inviter les visiteurs à se promener dans un espace où tintinnabulent des tiges au gré de l’air du vent, mais aussi où chacun peut jouer et improviser sa musique », explique cette artiste qui a été longtemps bercée par le murmure du marais de Larchant en Ile-de-France. Une vingtaine de sculptures ponctuent le sentier botanique en partant des grandes terrasses, côté mont Ventoux, chacune sonnant différemment selon sa taille et sa fabrication.

Quand le geste devient espace

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La calligraphie chinoise est une musique, un rythme, une respiration, une écriture à l’écoute du monde. « Pour arriver à la simplicité de l’unique trait de pinceau : l’esprit est profondément concentré, au-dessus de toutes les règles, c’est aussi une philosophie ».
« J’ai plongé dans la redoutable technique de la calligraphie chinoise, sans quasiment lever le pinceau pendant dix ans. Comme un musicien, je suis allée au bout de l’apprentissage. Jusqu’au point où l’on peut enfin oublier la technique : je respirais comme il fallait, mes mains agissaient malgré moi, j’avais besoin de tout mon corps (…) ». Depuis, la calligraphie est en filigrane de toute son oeuvre. « La grammaire et l’espace » de cette artiste qui peut alterner l’encre de Chine sur papier de riz et la conception de mobilier en bois, sans oublier la sculpture ou encore la soudure pour sa dernière installation sonore : la Forêt des sons.
Sybille maîtrise aussi l’étape ultime du marouflage. Contre-collant le papier de riz sur des toiles plus rigides (la tradition chinoise procède sur la soie, ici plutôt coton ou lin tissé serré), une mise à plat indispensable pour faire éclater la lumière et les ombres. Cette étape délicate peut se faire à quatre mains selon le format des papiers.

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Biographie de Sybille Friedel

Née à Paris, Sybille Friedel, après diverses formations (dessin, sculpture, peinture), exécute avec frénésie des aquarelles sur vélin au Museum d’histoire naturelle de Paris, avant de découvrir la calligraphie auprès du maître coréen Ung-No Lee. Après ce très difficile et passionnant apprentissage de la calligraphie et de nombreux voyages en Chine, en Corée et au Japon, mais aussi au Liban, Sybille Friedel a pu faire la synthèse d’un art ancestral venu d’Orient et de la tradition picturale occidentale qui était toute sa culture .Proche de la nature et grande amatrice de jardins, elle est imprégnée d’un lieu qu’elle a habité et défendu de nombreuses années, le marais de Larchant, réserve naturelle en Ile de France. Aujourd’hui, Sybille Friedel passe de la musique à la calligraphie, de la calligraphie à la sculpture, de la sculpture au dessin, à la peinture sans même s’en rendre compte, dans son atelier lumineux de Pernes-les-Fontaines dans le Vaucluse, une ancienne grange rénovée en 2013, sous la ramure rassurante d’un majestueux platane tricentenaire.
Infos supplémentaires : www.sybillefriedel.net

Nouvelles dates d’ateliers de calligraphie :

Une exposition à voir mais aussi à expérimenter lors d’ateliers de calligraphie avec Sybille Friedel.  Le samedi 23 mai et le 6 juin de 10h à 12h  (sur réservation car nombre de place limitée)  deux temps forts à partager avec l’artiste.

Tarif 15 euros, 10 euros pour les enfants de 8 à 17 ans, les étudiants et les porteurs du Pass annuel.

Réservation en ligne en cliquant ici.

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